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Article du Pays du 22 Août 2001


La passion des petits pions

Alain Veccheider et André D'Alès, deux habitants d'Offemont, seront ce week-end en région parisienne pour participer aux championnats de France de jeu de go.

Le jeu de go est né en Chine il y a quatre mille ans. Il n'est arrivé en France que dans les années soixante en passant notamment par le Japon, la Corée et l'Allemagne. « L'ambiance de mai 1968 a contribué à son développement », explique Alain Veccheider, qui pratique la discipline depuis le collège. « Les joueurs ont d'abord été nombreux dans les écoles parisiennes puis toute la France a été conquise. » Aujourd'hui, les licenciés sont environ 1 500 dans l'Hexagone. Mais au moins 10 000 personnes pratiquent ce jeu dont les règles sont très simples mais l'exercice difficile.

Simplicité enfantine

« Au départ, le damier de 19 lignes sur 19 colonnes est vide. Les joueurs posent chacun leur tour un pion sur une intersection. Le but est de départager le damier en territoires. À la fin de la partie, il suffit de compter le nombre d'intersections couvertes par les pions. Chaque intersection vaut un point. Il est également possible de prendre les pions de l'adversaire. Chaque prisonnier vaut également un point. » Lors d'initiation au jeu de go organisée dans des centres de loisirs, Alain Veccheider en a sans peine inculqué les bases à des enfants dès six ans ou sept ans. « On leur apprend d'abord à prendre un pion à l'adversaire. » Un système de handicap permet ensuite à des joueurs de niveaux différents de s'affronter avec plaisir. « Au départ, un joueur débutant est « 20e kyu ». Quand il arrive au « 1e kyu » on peut dire qu'il est un joueur confirmé. Il y a ensuite une échelle allant du 1e au 6e dan pour les joueurs amateurs et enfin, un dernier classement du 1e au 9e dan pour les joueurs professionnels qui n'existent qu'en Asie », poursuit Alain Veccheider qui est lui-même entre le 2e et le 3e dan amateur tout comme son acolyte André D'Alès. « Lui a découvert le jeu de go dans une école d'ingénieurs. Nous jouons le jeudi soir au café du Commerce avec le club de Belfort. »

L'Asie inaccessible

L'un et l'autre ont déjà participé aux championnats de France de leur discipline. Cette année encore, après avoir franchi les sélections locale puis régionale, les deux joueurs partiront affronter les meilleurs spécialistes français du jeu de go du 24 au 26 août à Romainville dans la région parisienne. « L'an passé, je me suis classé 6e et André 10e sur trente concurrents. Cette année, nous espérons remporter au moins la moitié de nos huit parties. Ce qui nous assurera à peu près les mêmes places au classement. » Seuls les deux finalistes s'affronteront à l'automne. Le gagnant partira l'an prochain en Asie pour les championnats du monde. Mais là, le niveau est vraiment plus élevé. « Certains enfants de dix ans ont là-bas le même niveau que nous. » En restant en France, Alain et André devraient réussir à faire bonne figure.

SE RENSEIGNER Il existe un site Internet à l'adresse « http://ligue-est.jeudego.org ». À partir de ce site, il est également possible de se connecter sur des sites de jeu où l'on peut affronter les meilleurs joueurs asiatiques. Par ailleurs, le club de jeu de go de Belfort se réunit tous les jeudis (sauf le 23 août) au café du Commerce, faubourg de France, à partir de 19 h 30 ou 20 h.

André D'Alès (à droite) et Alain Veccheider participeront ce week-end au championnat de France de jeu de go.

Julie Kara


I.L.