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Article du Pays du 24 Août 2000


Le championnat de France de go se déroulera ce week-end à Lyon. Les trente meilleurs joueurs français s'affronteront autour de ce jeu d'origine chinoise. Parmi eux, deux Belfortains : Alain Veccheider et André d'Alès.

UN EMPEREUR chinois aurait inventé le jeu de go pour éduquer son fils. Telle est l'une des nombreuses légendes qui courent sur la création du jeu. Ce qui est sûr, c'est que le go est né en Chine il y a plus de quatre mille ans. Le principe est simple. Les deux joueurs disposent d'un damier à intersections et de pions blancs et noirs. But : prendre les pions de l'adversaire. Il en découle un jeu de stratégie et de réflexion.

En France, 1200 licenciés s'adonnent à cette passion et une dizaine de clubs cohabitent dans l'Est. André d'Alès et Alain Veccheider font partie de ces aficionados. Ils exercent leur art au club de go de Belfort-Montbéliard. Et attention : ces deux joueurs, bien qu'amateurs, ne sont pas anodins. Ils participeront les 25, 26 et 27 août au troisième tour du championnat de France qui désignera les deux finalistes de la compétition. Les deux Belfortains sont les seuls représentants de la ligue de l'Est qui regroupe les régions Alsace, Lorraine, Franche-Comté et le département de la Côte d'or.

Un programme informatique

Ce troisième tour qui se déroule à Lyon regroupe les 30 meilleurs joueurs français. L'heureux vainqueur aura le plaisir de participer au championnat mondial amateur de go. Celui-ci se déroule toujours en Asie. « Ça fait moins de monde à déplacer!» plaisante André d'Alès. Il faut dire que la Corée, la Chine et le Japon se disputent à tour de rôle la suprématie. D'ailleurs, l'actuel champion du monde est un jeune Coréen d'une vingtaine d'années, Lee Tchang Hoo. A la décharge des Français, le jeu a été introduit dans l'Hexagone il y a une quarantaine d'années seulement. André d'Alès et Alain Veccheider se préparent activement pour le tournoi. Ce ne sont pas des novices. Alain joue au go depuis qu'il a 13 ans. « J'ai pris l'habitude de jouer quand j'étais au collège à Strasbourg, raconte-t-il. Je jouais tous les jours entre midi et deux heures. C'est de là que m'est venue cette passion.» André d'Alès, lui, est venu au go un peu plus tard. Il a une vingtaine d'années quand il découvre ce jeu. « J'étais en école d'ingénieur, explique-t-il. Un de mes copains faisait son travail de fin d'étude sur un programme informatique de go. Il battait tout le monde. J'ai été formé à son école.»

Une partie de vingt heures

Depuis, les deux compères n'ont cessé de jouer. Tous deux ont déjà participé au championnat de France. « Cette année, l'objectif est d'arriver dans les dix premiers », souhaitent-ils en choeur. Pour cela, André et Alain s'entraînent une heure par jour, parfois ensemble. Sans compter les nombreuses parties qu'ils disputent sur Internet. « Internet nous permet de jouer en direct, explique André. On y rencontre beaucoup de joueurs asiatiques de niveaux différents.» Et comme le joueur de go est malin, la force inégale des deux adversaires importe peu. En effet, il existe un jeu à handicap où le plus faible a droit à des coups d'avance. « C'est un jeu de construction fascinant, explique André. On y apprend beaucoup de choses sur soi-même, comme tout jeu de compétition ». Et d'ajouter : « C'est un jeu subtil. On peut faire un coup brillant qui s'avère nul si on n'a pas une vision globale du jeu ». « Mais il y a trop peu de joueurs, déplore Alain. Pourtant le go gagne à être connu ». Pour pallier à cette méconnaissance, les deux compères du club de Belfort-Montbéliard convient le public à venir s'initier au go, tous les jeudis soirs, au café du Commerce de Belfort. Histoire de faire une petite partie d'une heure, une heure et demie, temps moyen d'une partie d'amateurs. Les pros, eux, ont plutôt intérêt à se maintenir en forme : ils peuvent parfois se disputer la victoire pendant près de vingt heures !

Les deux Belfortains sélectionnés pour le championnat de France amateur de go s'entraînent régulièrement ensemble.

Julie Kara